L’Aïd, que ce soit l’Aïd al-Fitr ou l’Aïd al-Adha, est une période de célébration et de joie pour les musulmans. Cependant, ces fêtes comportent aussi des règles spécifiques, notamment des interdits, qui reflètent leur signification spirituelle et leur lien avec la tradition prophétique. Cet article examine ce qui est prohibé pendant l’Aïd et pourquoi ces restrictions existent.
1. L’Aïd : une rupture avec le jeûne
Pour l’Aïd al-Fitr, qui marque la fin du mois de Ramadan, un changement radical se produit : après un mois de jeûne quotidien entre l’aube et le coucher du soleil, il peut sembler étrange pour les musulmans de manger en plein jour. Pourtant, l’un des principaux interdits de ce jour est précisément de jeûner. Selon la tradition islamique, jeûner le jour de l’Aïd al-Fitr est haram (interdit), car cette fête est dédiée à la célébration et à la gratitude envers Dieu pour avoir permis de compléter le Ramadan. Manger devient ainsi un acte symbolique de joie et de rupture avec la discipline du jeûne.
2. Suivre la sunna : une guidance pour l’Aïd
Cet interdit découle de la Sunna, la voie du prophète Mahomet, qui sert de modèle aux musulmans non seulement pendant l’Aïd, mais dans leur vie quotidienne. Le Prophète aurait explicitement interdit le jeûne les jours de l’Aïd (al-Fitr et al-Adha), déclarant qu’ils sont des moments de festivité et de partage, pas de privation. Par exemple, selon un hadith rapporté par Boukhari et Muslim, il est dit : « Le jour de l’Aïd al-Fitr est un jour de rupture du jeûne, et le jour de l’Aïd al-Adha est un jour de sacrifice et de repas. » Ainsi, respecter cet interdit revient à honorer la Sunna.
3. Interdiction de jeûner pendant l’Aïd al-Adha
De manière similaire, jeûner est également interdit le premier jour de l’Aïd al-Adha, qui coïncide avec le 10e jour du mois de Dhu al-Hijja. Ce jour-là, les musulmans célèbrent le sacrifice d’Abraham et partagent la viande de l’animal sacrifié. S’abstenir de manger irait à l’encontre de l’esprit de la fête, qui met l’accent sur le repas communautaire et la générosité. Cependant, cette interdiction ne s’étend pas nécessairement aux jours suivants de l’Aïd al-Adha (les 11e, 12e et 13e jours, appelés jours de Tachriq), bien que certains choisissent de ne pas jeûner volontairement pendant cette période festive.
4. Autres comportements à éviter
Au-delà du jeûne, il existe des comportements implicitement déconseillés ou interdits pendant l’Aïd, car ils contredisent les valeurs de la fête :
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Négliger la prière de l’Aïd : La Salat al-Aïd, une prière spéciale en congrégation, est fortement recommandée (voire obligatoire selon certaines écoles juridiques). Manquer cette prière sans raison valable est mal vu.
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Ignorer la charité : Pour l’Aïd al-Fitr, ne pas verser la Zakat al-Fitr (aumône obligatoire) avant la prière est contraire à la Sunna et prive les pauvres de participer à la fête.
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Se disputer ou entretenir des rancunes : L’Aïd est un moment de pardon et de réconciliation ; les conflits vont à l’encontre de cet esprit.
Ces interdits ne sont pas toujours explicitement listés dans les textes, mais ils découlent des principes islamiques de célébration et de fraternité.
5. avant la prière de l’Aïd al-Fitr : une Exception
Une nuance spécifique concerne le matin de l’Aïd al-Fitr : il est recommandé de ne pas manger avant la prière de l’Aïd, mais ce n’est pas un interdit strict. Le Prophète Mahomet avait l’habitude de manger quelques dattes (un nombre impair, souvent trois ou cinq) avant de se rendre à la prière, pour marquer la fin du jeûne du Ramadan. Ce geste est une sounna mouakkada (pratique fortement encouragée), mais ne pas le suivre n’est pas considéré comme un péché.
6. différences culturelles et juridiques
Les interdits pendant l’Aïd peuvent varier légèrement selon les interprétations des écoles juridiques islamiques (malikite, hanafite, chafi’ite, hanbalite) ou les coutumes locales. Par exemple, certaines communautés insistent sur l’interdiction de travailler le jour de l’Aïd pour se consacrer pleinement à la célébration, bien que cela ne soit pas une règle religieuse universelle. Cependant, l’interdiction de jeûner reste un point commun à toutes les traditions.
7. L’Esprit de l’Aïd : célébrer, pas se restreindre
En fin de compte, ce qui est interdit pendant l’Aïd vise à préserver l’essence de ces fêtes : la joie, le partage et la reconnaissance des bienfaits divins. Jeûner ou adopter des comportements contraires à cet esprit serait comme refuser de participer à la bénédiction de l’occasion. Au lieu de cela, les musulmans sont encouragés à manger, à rendre visite à leurs proches, à offrir des cadeaux et à répandre la bonne humeur avec des salutations comme « Eid Mubarak ».
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